L’avenir du complexe de Lacq est entre nos mains. La découverte du gisement de gaz et sa mise en production il y a 50 ans ont permis une transformation radicale du Béarn agricole d’après guerre. Grâce aux richesses du sous-sol Béarnais, grâce aux entreprises nationales, la SNPA puis Elf, grâce aux ouvriers, techniciens et cadres, le complexe de Lacq a vu le jour. Véritable locomotive industrielle, il a assuré le développement économique et la prospérité de notre région. Les champs de maïs ont fait place aux usines, aux complexes chimiques, aux torchères de l’usine de Lacq qui font parti du décors du Béarn industriel.

L’histoire de ce complexe est jalonnée de succès technologiques et industriels, mais aussi de nombreuse luttes sociales. Dès le départ, les acteurs sociaux et politiques ont compris que le gisement s’épuiserait un jour et qu’il fallait assurer son avenir indépendamment de la production du gaz. Dans les années 70, les premières manifestations posaient la question de l’avenir du complexe industriel. Toutes les luttes sociales qui ont suivi ont demandé à l’entreprise pétrolière, qui tirait d’énormes profits du gisement, ainsi qu’aux pouvoir publics, d’investir pour assurer un devenir au complexe de Lacq. Ces luttes ont permis la constitution et le développement d’entreprises chimiques comme la Sobégi et la Soficar.

La privatisation d’Elf en 1993, absorbé ensuite en 1999 par Total ont éloigné l’entreprise pétrolière de ses responsabilités vis à vis de l’aménagement du territoire et de l’avenir de Lacq. Total, malgré ses engagements s’est débarrassé de sa filiale chimique Atochem, devenue Arkema . L’échéance annoncée par Total de l’arrêt de l’exploitation du gisement de Lacq pour fin 2013 sonne comme un glas, le début de la fin du complexe. Le groupe pétrolier n’aura plus aucune responsabilité industrielle à Lacq après 2013. Après Péchiney, rayé de la carte de Noguerres en 1984, c’est au tour de Célanèse, usine historique de Pardies d’être sacrifiée sur l’autel de la rentabilité et de la mondialisation sauvage. Même si la chimie fine a pu créer un certain tissu industriel autour de Mourenx, il ne fait aucun doute que la disparition du complexe de Pardies puis de l’usine de Lacq consacrerait des milliers d’emplois et la mort du complexe.

La responsabilité de Total, héritier de la SNPA et d’Elf Aquitaine est écrasante dans ce désastre annoncé. C’est grâce aux capitaux publics, à la volonté de l’Etat de se doter d’une entreprise pétrolière nationale et en grande partie grâce à la rente minière de Lacq que Elf Aquitaine a pu devenir un opérateur pétrolier majeur disposant d’un Centre d’étude de premier plan basé à Pau. En 20 ans Elf, puis Total ont déjà supprimé plus de 2300 emplois entre Lacq et Pau essentiellement par départs anticipés et mutations. Il y a 10 ans, le financier Jaffré PDG d’Elf avait lancé la mode des licenciements boursiers en voulant supprimer 1500 emplois dont 1000 en Béarn. 3 mois de grèves et la mobilisation de toute la région avaient eu raison de lui.

Total est accusé aujourd’hui encore de licenciements boursiers alors qu’il a réalisé en 2008 près de 14 milliards de bénéfices nets.

Total et avant lui Elf Aquitaine ont tiré 25 milliards d’euros de profits de notre sous-sol en un demi-siècle. Il ne serait que justice qu’il consacre une seul milliard pour assurer l’après-Lacq dans un fonds d’investissement géré par l’entreprise, les élus locaux, les syndicats et les pouvoirs publics.

C’est un combat à mener et à gagner qui concerne tout un chacun.

Cette campagne de pétition est initiée notamment par des anciens Secrétaires Généraux de la CGT Total : Jean Grangé (SNPA 1968-1970), Lucien Lugagne (SNPA puis SNEAP 1975-1982), Jacky Fourau (SNEAP 1982-1989), Michel Aguer (SNEAP puis EAP puis ELF Ep 1989 - 2000), Patrick Biondi (Total 2000-2005), Peppino Terpolilli (Total 2000-2009), Jean Luc Lalanne (Total EP France 2005), Jean-Yves Lalanne (EAP puis Total EP France 1996-2005) et Patrick Mauboules (Actuel secrétaire à Lacq)